Comme nous l’avons déjà expliqué auparavant, en application du principe de précaution, nous préconisons, pour les usages alimentaires l’utilisation des systèmes de filtration les plus performants à domicile.
Voici un panorama des techniques utilisées et leurs niveaux de performance comparés :
Le filtre à sédiment :
Premier étage des systèmes de filtration, constitué de fibres de polypropylène (PP, recyclable), créant un réseau de filtration de 50 à 1 µm environ. Cela permet de retenir les boues, sables, particules de métal, résidus végétaux et matières organiques et la majorité des bactéries, mais pas la totalité.
Le charbon actif :
Composé de charbon de différentes origines, mais pour les meilleurs de charbon de noix de coco activé (chauffé à très haute température). La porosité du charbon (les pores mesurent entre 2 et 50 nm) permet de retenir par adsorption certaines substances présentes dans l’eau. Sa surface interne très grande (entre 500 et 1500 m2 de surface développée par gramme de charbon actif) en fait le matériau le plus adsorbant.
Les matières absorbées sont principalement : le chlore (par catalyse), les matières organiques (> 3 µm), les phénols, une partie des métaux lourds, les hydrocarbures, les odeurs et mauvais goûts, les levures et divers produits de fermentation et enfin certains pesticides non solubles dans l’eau (lindane, atrazine).
Limites : le charbon actif ne convient pas pour les bactéries et les nitrates ; absorbe mal les substances polaires, solubles dans l’eau (ex : le glyphosate) et les composés ionisés. Des tests indépendants (Que Choisir 2003) ont mis en évidence un risque de relargage dès que le filtre est saturé.
Par ailleurs les températures élevées des pays chauds favorisent les proliférations bactériennes. Une limitation de ces proliférations est obtenue en incorporant dans le charbon actif des pointes d’argent.
Entretien : Remplacement obligatoire une fois par an (décret du 20/01/2001 applicable à tous les appareils à cartouche).
Les céramiques :
Il s’agit d’un filtre en matériaux poreux (0,2 à 0,5 microns), efficace pour les bactéries
Utilisation en filtration eau du robinet et eau de pluie récupérée.
La « bougie » de céramique présente l’avantage d’être lavable à l’eau courante et à la brosse, ce qui prolonge sa durée de vie (peut atteindre 4 ou 5 ans).
Inconvénients :
Perte de débit plus importante qu’avec les cartouches à charbon.
Les céramiques sont très souvent associées à du charbon actif, ce qui permet de cumuler es avantages des deux technologies.
Le KDF :
Le KDF (Kinetic Degradation Fluxion) est un alliage de cuivre et de zinc qui utilise un procédé électrochimique (oxydoréduction) : par échange d’électrons, des produits toxiques sont rendus inoffensifs.
Applications : réduction du chlore, du plomb, du mercure, du fer, de l'hydrogène sulfuré, le magnésium et le chrome. Ce procédé empêche la prolifération de bactéries et d'algues. Il a également un effet de limitation des dépôts calcaires (carbonate de calcium).
Inconvénients : quantité de métaux relargués dans l’eau et effets sur la santé mal connus ; plus coûteux que le charbon actif.
Cette technologie est associée au charbon actif dans les filtre de douche, combinant la réduction du chlore et de la dureté de l’eau.
L’osmose inverse :
Parmi les systèmes de purification de l’eau, le procédé d’osmose inverse est le plus performant.
Cette technique à été mise au point par la NASA pour recycler et purifier l’eau consommée et rejetée par les cosmonautes lors des vols spatiaux. Utilisée depuis une trentaine d’années aux États-unis, elle est aujourd’hui recommandée par l’OMS car elle apporte une solution totalement efficace au problème de la pollution de l’eau.
L’osmose inverse permet de disposer à domicile d’une eau purifiée, idéale pour la boisson et la cuisson, en conservant intacte la saveur des aliments. Elle permet également de faire de substantielles économies par rapport à l’eau en bouteille et dispense de la corvée du transport.
L'osmose inverse est un procédé entièrement physique et non chimique : sous la pression du réseau (ou d’une pompe booster si la pression est insuffisante), l’eau passe à travers une membrane dont la finesse des perforations (0,0001 micron) ne laisse quasiment passer que l’élément H2O et quelques minéraux. Cette membrane, rejette les virus (0,002 microns), bactéries, turbidités (sable) et autres matières colloïdales, ainsi que les substances cancérigènes, comme les pesticides, détergents, nitrates, contaminants radioactifs, tous les métaux lourds, les composés organo-chlorés, etc … Au total, ce sont 95 à 99 % des impuretés qui sont éliminées.
A cette membrane sont associés des filtres à charbon actif permettant d’éliminer le chlore en amont et les mauvais goûts (en aval).
Une réserve permet de disposer en permanence de 6 à 12 litres (selon modèle) d’une eau pure et légère au goût agréable.
Une grande partie des minéraux inorganiques contenus dans l’eau sont également rejetés par la membrane.
Le faible taux de minéraux de cette eau osmosée (20 à 60 mg/litre selon la dureté de l’eau à l’entrée et la technologie d’osmose employée) lui permet de pénétrer rapidement dans les cellules et d’emporter les toxines.
Il a également été démontré qu’une eau pure facilite l’assimilation des aliments, vitamines et sels minéraux en particulier.
Pourcentages moyens d’extraction des polluants (membrane d’osmose inverse de 50 GPD à 25°) :

Tableau de synthèse des systèmes de filtration :

Critères de choix d’un osmoseur :
- Dureté de l’eau du réseau (TH) : au delà de 25°f, il est prudent de mettre un système de traitement du tartre
- Pression : en dessous de 3 bars, pompe booster obigatoire ; au dessus de 3,5 bars, réducteur de pression nécessaire
- Besoins : volume d’eau journalier. Une membrane de 50 GPD (gallon per day = 190 l/jour) délivre 7 litres par heure ; certaines membranes semi professionnelles produisent jusqu’à 90 l/h.
- Installation sous évier ou sur le plan de travail (type fontaine)
- Stockage de l’eau dans un réservoir ou débit direct
- Réservoir accessible au nettoyage ou fermé (bombonne)
- Source d’énergie : appareil fonctionnant avec ou sans électricité (pompe booster ou pompe permeate)
- Rinçage automatique de la membrane (fortement recommandé), pour éviter le risque de colmatage par les minéraux retenus
- Importance du rejet d’eau par rapport au volume d’eau purifiée
- Les prix : en plus du prix d’achat et d’installation, demander le prix de la maintenance
- Traitements complémentaires : tartre, nitrates, UV, argent, reminéralisation …
- Présence d’un système de dynamisation